Stockholm, quand la vie municipale ne meurt (presque) jamais

Les masques restent dans les placards, les quotas sont oubliés et les gestes barrières ne sont quasiment plus respectés. Alors que l’épidémie repart à la hausse en Europe, la capitale suédoise tourne, elle, à plein régime. Comme si le virus n’avait pas totalement franchi les portes de la cité scandinave jamais confinée, malgré le nombre constant de contaminations. Récit et visite guidée avec deux jeunes français.

Dans les rues de Stockholm, les masques sont tombés ! Le responsable qui était tout désigné, semble désormais appartenir au passé. Ce lundi 2 août, dans le quartier touristique Gamla Stan, au cœur de la capitale suédoise, le virus du Covid-19 a déserté. Les va-et-vient incessants des acheteurs enchantent les commerçants. Les visiteurs affluent. Les locaux leur tendent les bras. En cette après-midi d’été, les sourires respirent la sérénité. « Notre quotidien c’est ça ! » Sur le parvis d’une salle de sport, Yannick Sourette prend sa compagne, Jana, par le bras.

« La vie ne s’est jamais arrêtée ici, c’est du bonheur »

Jana

Ce couple de jeunes trentenaires français, installés en Suède depuis janvier 2020 pour des raisons professionnelles, savoure sa nouvelle vie, loin des tumultes de leur pays natal où l’épidémie bride une partie des libertés.

« Quand on voit ce qui se passe là-bas… Les confinements, les masques, le passe sanitaire, et tout le reste. Ça nous dépasse. Depuis l’arrivée du virus, cela ne fait pas partie de notre routine. La vie ne s’est jamais arrêtée ici, c’est du bonheur », poursuit la jeune femme. Avant de visser leurs sacs sur le dos, ils prennent le temps de saluer et d’enlacer leurs camarades d’entrainement. Ils se dirigent vers Södermalm, le quartier voisin.

La bière coule à flot et à souhait

Sur leur chemin, les terrasses de café sont bondées. Bières et cocktails coulent à souhait. On y parle anglais, allemand, français et suédois bien évidemment. On y chante surtout le plaisir de s’y retrouver. Aux abords du parlement national, un groupe d’une cinquantaine de personnes arpentent les longues allées pavées.

Le couple français s’arrête pour observer l’attroupement des touristes devant le roulement de la garde nationale. Ni masques ni distanciation ne perturbent leur visite de la vieille-ville. Jana et Yannick, les deux exilés poursuivent leur chemin. Main dans la main. « On partagent notre amour, nos habitudes et nos passions », glisse fièrement Jana. Le tout, en toute liberté. L’esprit léger et libéré.

Dans le même bateau

Dans le port, sous quelques gouttes de pluie, des adolescents contemplent l’arrivée des navires. La musique branchée, ils planifient leur soirée. Face à eux, des grands et longs voiliers amarrent aux abords des quais. Des pêcheurs, des touristes et des travailleurs, tous descendent du même bateau.

Quelques mètres plus loin, dans le parc de Kungsträdgärden, les enfants jouent calmement entre eux. Les parents regardent et discutent sagement. Les sourires sur toutes les lèvres trahissent pourtant une triste réalité. Celle d’un virus toujours présent et d’un nombre de contamination constant.

Masque de la réalité

Le jeune ingénieur français marque un temps d’arrêt. Il prend le temps de refaire son lacet. Il poursuit : « Le plus surprenant, c’est que les Suédois n’ont pas spécialement conscience de ce qui se passe dans les autres pays. Mais comme nous d’ailleurs. Heureusement c’est un peuple discipliné. Tous les Suédois respectent les consignes comme le télétravail quand ça leur est demandé »

 » Ils vivent normalement sans trop s’inquiéter »

Jana

Jana le coupe : « J’ai l’impression qu’ils vivent normalement sans trop s’inquiéter. Pourtant, quand on lit la presse on voit le nombre de contaminations par jour et la gravité de la situation. »

Un choix purement politique des autorités, orienté vers le maintien de toutes les libertés. Périlleux ? Le pays scandinave a fait ce pari. Jana et son compagnon s’arrêtent devant une maison bleue typique du style de la ville. C’est la leur. Elle surplombe une partie de la capitale scandinave et les nombreuses îles de l’archipel.

Jouir des libertés

De là, ils entendent la résonnance et le son des activités que les habitants de la ville réalisent. En attendant, dans Stockholm et comme partout dans le pays, l’ensemble des Suédois jouissent de leurs libertés. Pas depuis peu. Mais depuis le début de l’épidémie. Comme ci de rien n’était.

Lény-Huayna Tible

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