Rivalités : les communes entre réputation des habitants et guerre territoriale

Les petites histoires derrière la municipalité

LE BILLET – Au sein d’un territoire déterminé, d’un département, d’une région ou même d’un pays, les villes aiment parfois se charrier et se chambrer par des prismes de concurrence et de rivalité loin d’être rationnels.

Qui a la plus grosse… commune ? Elle semble loin l’époque d’Intervilles, quand les habitants de différentes municipalités s’affrontaient sur des épreuves alambiquées, montées de toute pièce, et finalement de faible intérêt. Si cette émission fiction à gros budget mais au faible niveau intellectuel a longtemps été en tête des programmes les plus prisés, elle a – pour notre tranquillité d’esprit – été arrêtée. Pourtant, cet aspect concurrentiel entre des membres de municipalités demeure lui intacte, à différentes échelles.

Monique Pinçon-Charlot et une grande partie des sociologues français ont longtemps rattaché les municipalités à un ensemble d’individus liés entre eux par des liens sociaux. Des liens consolidés par la création de différentes castes et différentes strates. Mais si le capital culturel fluctue en fonction des individus et de ces groupes déterminés, un sentiment d’appartenance à la même entité est quasiment systématiquement observé. Sa ville ? C’est la sienne. Sa protégée. Son identité. Une partie de fierté.

Une forte dose dirrationnel

Qui de Toulouse ou Bordeaux est la capitale du sud-ouest ? Qui de Toulouse et Montpellier est celle de l’Occitanie ? Des débats par essence subjectifs, basés sur des éléments qui le sont tout autant. Mais loin d’être rationnels. Cette forme de chauvinisme n’est pas anodine. Quand on vit au rythme de sa commune, de ses équipes sportives, de son actualité, on ne peut que soutenir son rayonnement.

Allons donc demander aux équipes sportives. Aux Stéphanois et aux Lyonnais, aux Nantais et aux Rennais, aux Toulousains et aux Castrais ou encore aux Limougeauds et aux Palois, qui s’affrontent dans des derbys enflammés. Des rendez-vous qui sont cochés dès la réception du calendrier. Allons donc demander aux étudiants des universités laquelle est la plus réputée ? Aux maires des communes concernées laquelle est la plus peuplée ? La plus touristique ? La plus belle ? La plus dynamique ?

Ne nous emballons pas, le débat est léger. Seuls les plus chambreurs et les chauvins déterminés aiment s’en amuser. Encore une fois, les jugements sont purement objectifs et difficilement rationnels.

Lény-Huayna Tible

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