Crottes de chiens, excréments sales !

Les petites histoires derrière la municipalité

Plus beaucoup de villes préfectures y échappent : les déjections canines pullulent dans les zones piétonnes. Ce décor fait désormais partie intégrante du paysage urbain, même à Mende, en pleine campagne, malgré les moyens déployés par les municipalités pour contrer un phénomène devenu systémique et systématique.

Trois choses effraient les Parisiens de passage à Mende : « Le froid, les Dacia et les bouses ! » Mais si seulement les bouses pouvaient se limiter aux champs et aux flancs de montagnes… Ça, le dicton lozérien ne le précise pas ! C’est bien tout le contraire : les bouses empiètent petit à petit sur les zones urbaines du département. Mais pas n’importe lesquelles. Il ne s’agit pas ici de celles, certes les plus imposantes et consistantes, qui sentent la nature, la prairie et l’appel de la montagne. Il s’agit de déjections canines : celles qui dégoutent, celles qui puent (véritablement) et sur lesquelles beaucoup de passants marchent dessus. En clair, celles qui posent problème pour leur nuisance visuelle et olfactive.

A Mende, les chiens ne sont pas autorisés dans certains secteurs. PHOTOS L.-H. T.

« Il y a du mieux, confie pourtant le maire de Mende, Laurent Suau. Mais ce n’est pas encore ça. » A une époque, les sols de la ville en étaient même recouverts. Aujourd’hui, leur nombre a beau avoir diminué sur les trottoirs de Mende, dans une petite ville pavée, ça se voit (encore). L’édile poursuit : « C’est un peu l’image de notre ville qui est en jeu. » La municipalité a donc récemment adapté sa politique locale pour résoudre un problème devenu récurrent.

Des procédures clairement définies

En tout début d’année, les poubelles à déjections ont été renouvelées. D’autres ont été installées dans différents quartiers. Une dizaine ont même été disposées dans le centre-ville. Ce n’est pas tout, puisque des bornes remplies de sacs poubelles adaptés ont été fixés aux quatre coins des principales places de la ville. « Le but est de les rendre visibles pour permettre à tout propriétaire de chiens de ramasser les excréments« , souffle Laurent Suau. Depuis quelques mois, cette mesure semble efficace. A cette solution simple et peu couteuse, la mairie a régularisé la procédure de nettoyage des rues du centre-ville.

La municipalité a déployé tout un arsenal pour permettre aux Mendois de ramasser les déjections de leurs animaux.

Le maire a également usé de son pouvoir de police. Des contraventions sanctionnent régulièrement les usagers. A Mende, cette amende de première classe est fixée à
35 euros, comme au niveau national d’ailleurs. Mais les différentes municipalités gardent la main mise sur le montant. A titre de comparaison, elle est de 68 euros à Paris. « La police reste assez souple. Il y une démarche de prévention. Mais les comportements qui se répètent sont sanctionnés« , précise l’édile de Mende.

Une loi « déjection canine » existe-t-elle ?

Face à une problématique devenue récurrente, une loi « déjection canine » existe-t-elle ? Une telle loi n’a pas été clairement formulée. Le code des municipalités prévoit toutefois que « les déjections canines sont autorisées à gésir seulement dans les caniveaux. À l’exception des parties de ces caniveaux se trouvant à l’intérieur des passages pour piétons. » En dehors de ce cas, les résidus de crottes de chiens sont interdits partout ailleurs.

La loi précise : « Tout propriétaire ou possesseur de chien est tenu de procéder immédiatement, par tout moyen approprié, au ramassage des déjections canines sur tout ou partie du domaine public communal. » Toujours parfaitement renseigné, l’édile de la ville préfecture de Lozère rappelle également qu’il est responsable de la salubrité publique. Les Mendois peuvent donc compter sur leur maire pour prendre le taureau par les cornes.

Lény-Huayna Tible

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